2023 : à Roscoff, la graine devient une plantule
Quelle est l'image qui vous vient en premier lorsque l'on vous dit le mot "vacances" ?

Pour ma part, le mot "vacances" est jumeau de la ville de Roscoff, qui depuis que je suis né, de son air léger emplit mes étés. L'image qui me vient est celle du soleil orangé, que depuis la plage de Roch Kroum, entre Batz et Perharidy le soir je vois s'éloigner.
En 2023, cet amour pour la fiancée de l'oignon, se matérialise par des marées de recherche, d'écriture et de répétitions pour produire une visite guidée chantant la valeur du patrimoine scientifique, balnéaire et sanitaire de cette commune aux mille et une histoires.

Que ce fut passionnant, l'hivers durant, de mêler curiosité et créativité. J'ai tout d'abord débuté par un travail de recherche riche et sérieux : certains sujets abordés (exemple l'histoire des villas de la rue Edouard Corbière ou encore celle de l'ancienne clinique et de la villa Kerlena) ne présentaient pas ou pas suffisamment de données/informations fiables et/ou accessibles sans mener un travail d'enquête plus poussé.
Ce travail s'est traduit par de nombreux entretiens avec des scientifiques (merci à Monsieur Xavier Bailly et au Prof. Dr. Dr. h. c. Martin S. Fischer), avec des historiens/passionnés de l'histoire de la ville (merci au Dr. Guillou-Beuzit et à Monsieur Pierre Cuzon) et avec des témoins d'un Roscoff ancien (merci au Dr. Pierre Tourtelier et à Madame Lina Cattois).
Ces entretiens couplés à de nombreuses sources croisées m'ont permis d'écrire un script de visite guidée précis et crédible factuellement parlant.
Bien que mes maigres lectures n'alimentent que peu les fondements de ma culture, les cliquetis de la pluie sur le toit du café Ty Pierre, l'éclat du vent contre la façade de la station biologique et l'écho de mes mots contre les murs humides de la place Lacaze-Duthiers m'ont fait comprendre que l'écriture était une porte dorée pour voyager bercé par mes idées.

Je prépare une visite guidée, donc le texte que j'écris devra être parlé, incarné. Le temps vient alors de répéter mon texte. Des heures durant, je simule, seul, une visite guidée, j'imagine un public fantôme qui m'écoute et cherche à anticiper autant de cas de figures que possible.
c'est le temps des répétitions : ma famille et des amis jugent mes prestations.... Le projet est validé, c'est parti.

Les affûtages faits, arrive le mois de mai et ça y'est, Rosko Tours est lancé. Jusqu'en juin, quelques clients réservent, la satisfaction est au rendez-vous, mais les maigres l'agenda ne se remplit pas, du moins pas assez. Cela éveille en moi l'envie d'élargir mes propositions.
La graine plantée en 2018 devient une plantule, je vais faire un jeu d'énigmes pour visiter Roscoff.
Je me pose une question : et si je créais, comme Mission Découverte, aux Sables d'Olonne, un escape game en plein-air ? Les gens adorent ce concept et Roscoff se prête très bien à ce genre d'activité !

Mais je vois deux grandes limites à cette idée :
- l'escape game en plein-air permettrait de faire explorer la ville, mais ne me permettrait que difficilement d'implémenter le travail fournit pour créer ma visite guidée. Je veux que mon jeu soit à la fois ludique et culturel.
- il faut un game master, quelqu'un pour animer un escape game en plein-air, je n'ai pas les moyens de recruter et je veux maintenir une pleine disponibilité pour les visites guidées, au cas où quelqu'un réserve.
C'est de là que vient l'idée du jeu de cartes : des énigmes et des QR codes redirigeant les joueurs vers des vidéos permettant de donner à la fois les solutions, mais aussi et surtout, de raconter les anecdotes passionnantes sur la ville de Roscoff.


La magie de la création fait son travail et hop!, le jeu "Rosko-verse", mon "jeu de cartes à énigmes pour visiter la ville", sortira au mois de juillet, en pleine saison ! Malgré sa sortie très tardive, je parviendrai à en vendre une cinquantaine entre juillet et août, plutôt satisfaisant pour un jeu aussi original !
Arrive septembre 2023 et je mets en pause mon projet entrepreneurial pour plusieurs raisons :
- une opportunité professionnelle en Allemagne ;
- une forme de solitude qui s'est installée au cours des mois (jusqu'à 2023, Roscoff n'était qu'une destination de vacances, pas un lieu de vie) ;
- l'impatience, la crainte de ne jamais voir mon travail payer.... C'est peut-être une erreur, car la deuxième saison aurait peut-être été l'année de la rentabilité, mais on ne le saura jamais.
La plantule s'arrête de grandir, mais elle ne meurt pas.
